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Bilan des explorations de 1993 à 2006

 

Après une incursion hivernale solitaire jusqu'au S2 en 1992, je parviens en juillet 1993 à une cinquantaine de mètres du terminus avec l'aide de Pascal Bernabé. A la Toussaint 1993 l'excès de gaz carbonique nous contraint d'annuler la pointe car le portage est impossible entre les deux siphons. Cette situation va se renouveler plusieurs fois par la suite, rendant chaque préparation psychologiquement difficile puisque rien ne permet de certifier que la semaine réservée pour l'exploration sera favorable. En effet contrairement aux crues, qui bien que parfois imprévues sont au moins visibles de l'extérieur, l'excès de gaz ne peut être vérifié qu'en franchissant le siphon. Et jusqu'à présent nous n'avons pas trouvé de corrélations fiables entre les phénomènes extérieurs et le taux de CO2 dans cette grotte.  

En juillet 1994, aidé de Ludovic Giordano, Eric Morin et Philippe Rabatel je dépasse de 120 m le terminus de Touloumdjian à -58 m. La limite des plongées à l'air est atteinte, la suite nous imposera des plongées plus lourdes au mélange ternaire (hélium, oxygène, azote). En août 1994 c'est donc un camp d'une semaine qui est organisé dans le cadre de la FFESSM. Il réunit 8 participants, inaugure l'assistance de plongeurs dans le S2 et nous permet de progresser jusqu'à 950 m de la vasque du S2 à -63 m, en haut d'un puits. La topographie de la galerie est refaite ainsi que celle du S2 sur 450 m. 

Nous remettons ça en juillet 1995, avec la participation de 10 plongeur sur une semaine, pour progresser jusqu'à 1050 m à -76 m au prix d'une immersion de 6 heures : la galerie semble plonger plus profond. Bernard Gauche prolonge ses relevés topographiques du siphon jusqu'à 750 m au cours d'une plongée de 4 h 30.

Suit une période beaucoup moins faste en terme de progression dans ce réseau :

1996, le camp n'a pas lieu suite à des problèmes d'effectifs et de météo aux dates prévues.

1997, les averses de la fin août saturent la grotte en CO2 nous obligeant à ressortir le matériel déjà acheminé au S2 en respirant sur les scaphandres.

1998, des ennuis de matériel me font rebrousser chemin le jour de la pointe. Bernard Gauche prélève des échantillons de roche dans le puits de 950 m.

1999, je suis malade, Bernard parvient à progresser de 30 m supplémentaires avec l’aide des 10 plongeurs présents. Un mauvais fonctionnement du scooter sous-marin l'oblige à palmer de 850 jusqu'à 1080 m. Une bonne nouvelle toutefois : la profondeur semble se stabiliser autour de 75 m.

Fin août 2000, malgré un violent orage la veille de la plongée de pointe, nous progressons avec Bernard Gauche et l’aide de 7 autres coéquipiers de 300 m en deux plongées portant le terminus à 1280 m de la vasque du S2. Nous pensons avoir atteint le niveau de base du système hydrologique et donc sa profondeur maximum.

Nous revenons fin août 2001, forts d’une équipe de 10 plongeurs, bien décidés à poursuivre la découverte de cette magnifique cavité. Malheureusement, quelques mètres après le précédent terminus un  puits s’ouvre sous mes palmes : notre théorie ne tient plus puisque la galerie descend encore d’un cran, à une profondeur estimée à 90 m pour laquelle les mélanges dont je disposais n’étaient pas adaptés, c’est donc le retour imposé.

Nous ne revenons à Thouriès que début juillet 2003 où une équipe de 9 plongeurs permet de prolonger nos relevés topographiques jusqu’à 950 m de l’entrée au prix de 10h30 passées sous terre, dont 7 h en plongée plus les séances de portage et de dés équipement.

Ensuite, fin octobre 2003 nous revenons à 7 pour remplacer les 460 premiers mètres du fil guide du S2 qui datait des premières plongées et était bien abîmé. C’est aussi l’occasion d’expérimenter une nouvelle technique de plongée qui devra par la suite nous alléger les portages : en effet, pour la première fois dans cette grotte nous utilisons un recycleur qui réduit très sensiblement la consommation de gaz pendant les plongées.

Nous revenons donc fin juin 2004 armés de ce même appareil et poursuivons la topographie jusqu’à 1105 m. Cette fois-ci 5 personnes suffisent pour mener à bien l’expédition. Désormais je me sens prêt pour dépasser le terminus de 2001 et nous revenons en novembre pour finalement annuler la plongée en raison d’une visibilité trop réduite dans le siphon.

Nous patientons donc jusqu’à fin août 2005 pour finalement annuler en raison d’un manque d’effectif avant de remettre le couvert en novembre, sur 4 jours. Onze plongeurs m’accompagnent, dont plusieurs nouveaux venus. Cette fois-ci j’utilise deux recycleurs afin de pallier une panne d’un des appareils ainsi que deux scooters, pour la même raison. Je revois enfin le puits qui m’avait arrêté 4 ans plus tôt et explore la galerie qui fait suite sur 130 m, portant le terminus à près de 1400 m de l’entrée du S2, soient 1900 m de l’entrée du premier siphon, au prix de 8h30 d’immersion dans le second siphon.

En juin 2006, nous revenons, cette fois-ci en mission officielle, pour aider au repérage en surface des endroits caractéristiques de la grotte : la sortie du S1, la vasque du S2 et un point situé à 250 du début du S2. Le signal émis par les balises émettrices est repéré précisément en surface et permet de réaligner notre topographie d’amateurs sur la carte IGN.

Jean-Pierre Stefanato

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