Position dans le site : Accueil » les sites de plongée » Les sites de A-Z en France » B » Banquier » CR Bilan 2008


 

Bilan des explorations de la grotte du Banquier

  

  

1995

L’année où nous avions sorti le S5 Kiki et moi, l’autonomie de gaz nous faisait réellement défaut pour prétendre continuer le réseau. Les portages de bouteilles de  gros volume avaient épuisé l’équipe, car les post-siphons ne sont pas de tout repos. Le S5 se termine sur une énorme trémie où une escalade de quelques mètres mène à une galerie supérieure qui part dans le sens opposé et bute sur une laisse d’eau.

Depuis le club spéléo de Montpeyroux a poursuivi l’exploration du Banquier essentiellement dans la branche du Cochon lointain. A ce jour, le Banquier totalise prés de 12 km de développement.

  

2007

Nous reprenons l’exploration du Banquier, nous sommes passés aux recycleurs et cela change les données. Mais malgré la détermination de l’équipe, l’année 2007 n’a pas été très productive, toutes nos tentatives ont échoué suite à des problèmes de matériel. Pourtant, un jour où nous étions partis pour une pointe avec Marc D, j’ai pu néanmoins franchir seul le S5, Marc ayant du faire demi-tour à moitié du siphon à cause d’un disfonctionnement de son recycleur.
Je laisse mon matériel au ras de l’eau et jette un œil neuf sur la laisse d’eau à quelque 6 ou 7 mètres au-dessus du niveau du S5. Je passe une voûte mouillante et j’aperçois le départ du S6.

 

 

 

 

Août 2008

Pendant qu’une partie de l’équipe explore les résurgences de Bosnie, Serge et moi nous portons tout notre matos devant le S2 prêt pour la pointe prévue le 15 août. C’était sans compter sur la catastrophe qui se vivait en Bosnie. Nous sommes déconfits quand le 14, un coup de fil nous apprend le décès de notre ami Olivier. Bien sûr la pointe du lendemain sera annulée.
Néanmoins, après une forte baisse de moral du groupe et de longues réflexions nous décidons de continuer nos explorations et la vie du groupe.

Septembre 2008

Le projet Banquier est remanié, d’autres plongeurs s’imposent. C’est ainsi que  Marc Douchet, Christian Moré (dit KIKI) et  Marc Renaud se greffent à notre duo initial. Une nouvelle séance de portage s’avère nécessaire pour acheminer devant le S2 le matériel des nouveaux venus.
Le déroulement de la pointe est prévu comme suit : Marc D, Serge et moi  nous plongerons ensemble le S5, ils m’aideront à franchir l’escalade pour que je puisse reconnaître le S6. Kiki et Marc R nous aideront à passer les ressauts exondés du S2 et du S3, puis le post-siphon entre le S3 et  S5..

Samedi 20/09/2008

Serge est malade et renonce à son grand regret à l’explo. A 10 h 30, nous sommes quatre à l’entrée du trou, et à midi nous sommes à pied d’œuvre devant le S2. Le passage des deux siphons suivants, nous rappelle brusquement les difficultés de cette cavité : escalade, reptation, tout y est, la sortie du S3 est « sympathique » nous nous trouvons sur un éboulis glaiseux et glissant. A quelques mètres de là, nous devons effectuer un pas délicat sur une dalle qui bloque partiellement l’entrée d’un actif étroit. A la sortie de ce méandre, on aperçoit le S4, une cuvette de moins d’un demi-mètre carré de section. Nous le dépassons avec un regard condescendant. Une autre escalade  permet de tomber dans un grand lac, encore plusieurs dizaines de mètres plus loin et nous arrivons enfin devant le S5. Tout le monde s’organise  pour faire des allers et retours afin d’acheminer tout le matériel, des  petits tas jonchent le chemin. Kiki et Marc R nous ont bien aidés, même si une mauvaise langue affirmera le contraire.
Nous y sommes enfin, fin prêts pour la traversée du S5. Kiki et Marc R quant à eux s’installent pour une longue attente. Breuuuu ! J’ai  froid pour eux.
Nous mettons 28mm pour franchir le verrou de 650 mètres sans problème particulier. Mon nouveau dorsal fonctionne à merveille, et le Boby de Marc D aussi. Le moment que j’attendais depuis plus d’un an est enfin là, je le savoure. L’escalade de 4 ou 5 m en sortie de siphon ne permet pas monter le matériel de plongée seul mais aujourd’hui, Marc m’aide.
L’escalade n’est pas évidente elle est recouverte d’argile. Une corde nous rend la partie plus facile. Le S6 est superbe, je m’octroie le droit et le devoir de le baptiser : Siphon Olivier. Le niveau est plus bas qu’en 2007, la voûte mouillante a disparue.
Pendant que je m’équipe, Marc attache le fil et me voilà parti. Je déroule mon fil à une profondeur de -5, il est large de 4 mètres et clair. Au bout de 75 mètres, je  sors au bas d’un puits avec un départ de galerie à environ 10 mètres en partie supérieure  avec une direction générale de 330°. Je suis contraint à faire demi-tour car je n’ai aucun moyen pour continuer, l’escalade ne peut se faire qu’en artif.
Je retrouve Marc et nous rentrons sans problème, nous retrouvons l’autre Marc et Kiki emmitouflés dans leur couverture de survie. Comme d’habitude les questions fusent et comme toujours nous prenons notre temps pour y répondre. Ça fait raller !
Nous sortons à 20 heures du trou, content de notre explo.
Avec les déboires de l’année dernière, nous devons reconnaître, qu’en ce qui concerne notre équipe, nous n’en sommes qu’au début des plongées en recycleurs, surtout dans le domaine des multi-siphons. Pour la plupart nous sommes de vieux plongeurs avec la culture de la plongée « en ouvert », et ce n’est pas facile de changer nos habitudes. Pragmatiques et autodidactes nous écrivons à chaque exploration un nouveau mode de plongée. L’accident d’Olivier nous incite à la plus grande prudence et nous renforce dans notre philosophie de la redondance en particulier pour les plongées profondes et exposées pour lesquelles nous gardons des bouteilles de gros volume.

 

 

Le 28 septembre

Le « déportage » s’est effectué en petit comité : 12 charges à quatre ce n’est pas une sinécure. Pourtant en six heures tout était dehors. Nous étions fatigués mais contents. A l’année prochaine.

Participants

Patrick Bolagno, Serge Carraz, Marc Douchet, Max Douchet, Michel Guis, Christian Moré, Marc Renaud et Eric Rostang.

Je dédie cette expé à notre ami Olivier qui vient de nous quitter, il avait participé à la tentative de 2007, et il aurait voulu être avec nous cette année. Le siphon 6 porte sont nom c’est pour moi une maigre reconnaissance, cela reste symbolique. Un petit geste  de plongeur souterrain à plongeur souterrain.

Patrick Bolagno

Recherche alphabétique

A     B     C    D     E     F

G          I               L

M          O     P          R

S     T                             

Recherche géographique

 

 


© Copyright  - les fédérés souterrains