Position dans le site : Accueil » les sites de plongée » Les sites de A-Z en France » S » Sainte Neomaye


 

Source de Sainte Neomaye

DESCRIPTION DE LA SOURCE DE FONT CREUSE A STE NEOMAYE

(JP Stefanato, octobre 2003)

 

 

Je n’ai pas retrouvé le compte-rendu d’exploration original, aussi je reconstitue la description à partir de la topo et de mes souvenirs. Je ne reprends pas l’historique que Philippe Poussou est mieux à même que moi de reconstituer. Mes explorations à Ste Néomaye avec Eric Morin datent de septembre 1985.

 

Depuis le lavoir la progression se fait à 4 pattes dans l’eau avant de franchir presque à plat-ventre deux voûtes mouillantes successives puis au bout de 80 m deux siphons courts et peu profonds dont le second avait prudemment arrêté les premiers explorateurs. La corde qu’ils avaient abandonnée nous sert de fil d’Ariane. Une fois ces siphons franchis une première fois nous utiliserons ensuite une simple bouteille (biberon) poussée devant nous pour sécuriser le franchissement dans l’eau troublée.

 

La suite de la grotte est assez pénible puisque pendant 100 m il faut progresser à 4 pattes dans une galerie composée de un tiers de boue, un tiers d’eau (ou si vous préférez deux tiers de boue liquide) et un  tiers d’air. Après une dernière voûte mouillante on peut enfin pour la première fois depuis l’entrée se remettre debout. Un passage supérieur nous permet d’éviter l’eau et un bruit de cascade se fait entendre.

 

La « cascade » mesure en fait une trentaine de centimètres mais le bruit est très réaliste. Elle est constituée par une veine de plomb qui recoupe la galerie et dont la couleur bleue contraste avec le calcaire environnant. Quant au poids des blocs détachés joliment travaillés par l’eau il ne laisse aucun doute. Je me suis même demandé si l’eau n’aurait pas pu être polluée par ce minerai de plomb au point de provoquer des malformations qui seraient à l’origine de la légende de la patte d’oie mais les concentrations sont probablement trop faibles.

 

Une fois dépassé ce point remarquable la progression reste confortable dans une galerie à taille humaine. Au bout de 350 m la rivière sort d’un éboulis que les explorateurs sont contraints d’escalader avant de franchir un fort rétrécissement qui leur permet de déboucher dans la première salle notable de la cavité. Après la découverte de la veine de plomb, notre excitation est à nouveau à son comble. Nous cheminons à travers les blocs de roche avant de rejoindre la rivière qui coule, 100m plus loin, dans une autre salle. Il reste encore une étroiture à franchir avant de déboucher dans la salle terminale où nous perdons la rivière à 500 m de l’entrée.

 

Nous nous dirigeons alors vers la sortie en effectuant les relevés topographiques qui nous ont permis de tracer le plan de cette sympathique rivière. Pour dire vrai nous la trouvons moins sympathique lorsque nous manipulons topofil et compas de relevé dans le bain de boue liquide qui précède les siphons.

 

Ce n’est que lors de la visite suivante, destinée à photographier les endroits les plus significatifs de la grotte, que nous retrouvons l’amont de la rivière dans la salle terminale, au fond d’une petite vasque très boueuse. La galerie très étroite siphonne rapidement. Qu’à cela ne tienne nous reviendrons donc une troisième fois avec des bouteilles. Je dois dire que cette plongée ne m’a pas laissé un souvenir enthousiaste : j’ai progressé de 15 m dans une galerie très étroite entièrement noyée avant de renoncer. Dans l’impossibilité de me retourner il m’a fallu revenir en marche arrière sans plus aucune visibilité en rembobinant le fil d ‘Ariane que j’avais déroulé à l’aller. Il vaut mieux parfois savoir renoncer…

 

Je crois bien que depuis toutes ces années personne n’est revenu éclairer les voûtes rocheuses de la rivière souterraine de Font Creuse, bien défendues par des conditions d’accès quelque peu difficiles.

 

Recherche alphabétique

A     B     C    D     E     F

G          I               L

M          O     P          R

S     T                             

Recherche géographique

 

 


© Copyright  - les fédérés souterrains