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Thouries

SOURCE DE THOURIES

Cazals, Tarn et Garonne (82)

Spéléométrie

Développement total 2465 m

Profondeur max -87

Une source captée comprenant deux siphons dont le plus long fait 2015m avec un point bas à -88. L’inter siphon consiste en un parcours varié où s’enchaînent marche, escalade et nage, dans une ambiance plus ou moins chargée en CO2 selon la saison et les aléas météo.

  

Historique

Dès les années 50, cette source a fait l'objet de plusieurs tentatives de plongées et de pompages infructueux en vue d’un franchissement du S1 (Robert Lacroux en 1950, Michel Letrône en 1957). Les explorations qui ont suivi ont toutes été réalisées dans le cadre d’expéditions organisées par la FFESSM.

1978, Pierre Laureau et Bernard Lebihan franchissent le premier siphon de 110 m à -6 et explorent 380 m de rivière jusqu'au siphon 2 qu'ils plongent sur 250 m à -23.

1980, Claude Touloumdjian progresse jusqu'à 700 m à -53. Puis les explorations sont suspendues car les plongées plus lointaines nécessiteront des moyens plus lourds et une équipe de porteurs pour acheminer le matériel devant le siphon 2.

1994, en juillet JP Stéfanato dépasse de 120 m le terminus de Touloumdjian à -58 m aidé de Ludovic Giordano, Eric Morin et Philippe Rabatel. En août, un camp d'une semaine organisé dans le cadre de la FFESSM réunit 8 participants et permet de progresser jusqu'à 950 m de la vasque du S2 à -63 m, en haut d'un puits.

1995, en juillet, un camp d'une semaine organisé dans le cadre de la FFESSM réunit 10 plongeurs et permet de progresser jusqu'à 1050 m à -76 m, la galerie semble plonger plus profond.

1999, Bernard Gauche parvient à progresser de 30 m supplémentaires avec l’aide de 10 plongeurs.

2000, en août, un camp organisé dans le cadre de la FFESSM réunit 9 plongeurs et permet de progresser jusqu'à 1280 m de la vasque du S2.

2003, en juillet, une équipe de 9 plongeurs permet de prolonger les relevés topographiques jusqu’à 950 m de l’entrée.

2004, en juin, la topographie est effectuée jusqu’à 1105 m.

2005, en novembre, un camp organisé dans le cadre de la FFESSM réunit 11 plongeurs et permet de progresser jusqu'à  1400 m de l’entrée du S2, soit 1890 m de l’entrée du premier siphon.

2006, un repérage en surface est effectué à l'aide de balises positionnées aux endroits caractéristiques de la grotte et permet de réaligner la topographie sur la carte IGN.

Juillet 2010, après plusieurs tentatives de pointes les années précédentes, un camp regroupant un dizaine de plongeurs permet à B Mégéssier et C Chaput de continuer la topographie du S2 jusqu’au second puit, soit 1250m de l’entrée du S2.

Novembre 2010, avec l’aide d’une équipe de 15 plongeurs, de Laurent Laboubée et Cyril Wacongne qui réaliseront une belle plongée d’assistance, l’exploration du S2 est continuée par B Mégéssier et C Chaput jusqu’à 1550m de l’entrée du S2, arrêt à -44m.

Juillet 2011, C Chaput et B Mégessier prolongent l'exploration et la topographie du S2 jusqu'à 2015 m, arrêt à -41m.

 

Description de la cavité

Les promeneurs à pieds ou en canoë connaissent bien le magnifique porche d’entrée et son ancien moulin avec vue sur l’Aveyron. A la sortie du porche coule la rivière pérenne dans laquelle l’eau est pompée, quelques mètres à l’intérieur de la galerie. Ce n’est pas le chemin qu’empruntent les plongeurs, en effet tout au fond du porche une autre petite galerie laisse entrevoir une nappe d’eau qui très vite rejoint le plafond : c’est le début du siphon. L’équipement de plongée est dès lors nécessaire pour poursuivre plus avant.

Une quarantaine de mètres plus loin le plongeur rejoint la branche active du siphon qui alimente le captage. La profondeur est alors de 5 mètres et l’eau limpide laisse voir toute la section de la galerie noyée. Au bout de 105 m d’immersion une cheminée étroite permet de regagner la surface et c’est le début de la rivière souterraine. Il faut noter que, si l’eau est parfois très limpide, elle se trouble rapidement avec le passage des plongeurs en raison des dépôts argileux omniprésents. Après plusieurs passages le retour des plongeurs s’effectue avec une visibilité réduite à quelques centimètres et n’est possible que grâce à l’indispensable fil guide que nous entretenons méticuleusement. Sans être très compliquée, la plongée de franchissement du 1er siphon de Thouriès est donc réservée à des plongeurs entraînés.

Après un couloir étroit, la rivière souterraine coule au fond d’une belle galerie d’environ 5 m de diamètre parfaitement rectiligne sur ses cent premiers mètres. Nous avons souvent été contraints de faire demi-tour à cet endroit en raison d’un fort taux de gaz carbonique qui rend tout effort très pénible. Ce gaz, d’origine naturelle, est très présent dans les grottes du causse et sa concentration peut varier d’un jour à l’autre sans raison apparente.

Nous franchissons ensuite deux lacs avant d’arriver au pied d’un éboulis de gros blocs qu’il faut escalader en se faufilant entre les rochers. Après un passage en hauteur, on redescend dans la rivière peu avant « l’embarcadère ». Ici nous sommes contraints de rechausser les palmes et de gonfler nos gilets d’équilibrage car la suite du parcours se fait à la nage. A cet endroit on commence à percevoir un grondement. Progressivement le plafond se rapproche de la surface de l’eau et la zone aérienne se restreint jusqu’à une trentaine de centimètres au dessus de l’eau pendant que le grondement s’amplifie. Ensuite le plafond se relève et on comprend l’origine du grondement en passant sous une cascade qui provient de la suite de la galerie, 3 mètres au dessus.

 

Pendant les plongées nous équipons cette cascade d’une échelle de spéléo qui en facilite le franchissement. Ensuite 30 m de conduite en roche vive nous amènent devant un nouveau plan d’eau siphonnant : c’est la vasque du second siphon de Thouriès. Pour y arriver nous avons progressé de 380 m depuis la sortie du premier siphon. Les banquettes de roche de la galerie nous servent de camp de base avancé : c’est là que nous alignons le matériel et les bouteilles que nous y avons acheminés en vue des plongées dans le S2, là que les plongeurs de pointe vont assembler leurs scaphandres, que les coéquipiers porteurs vont se reposer et se restaurer en attendant le retour des plongeurs engagés dans le siphon.

 

C’est d’ailleurs en s’occupant avec des concours de sauts dans la vasque, en grimpant de plus en plus haut, que la galerie supérieure a été découverte. L’escalade entrevue a été poursuivie avec des amarrages artificiels et a livré 185 m de galeries dont l’une rejoint le siphon tandis que l’autre remonte de 60 m au dessus du plan d’eau, se rapprochant ainsi de la surface du causse.

Les repérages en surface ont confirmé la possibilité d’une jonction avec un gouffre dont la désobstruction pourrait permettre un accès à la rivière souterraine par les spéléologues non plongeurs.

La section de la galerie noyée est en moyenne de 3 m sur 4 avec des dépôts argileux parfois importants dans certaines zones. Elle descend en pente douce jusqu’à 60 m de profondeur en 800 m de distance. Après un parcours à cette profondeur, à 950 m de la vasque, la galerie replonge à 75 m grâce à un puits vertical suivi d’un parcours où la profondeur oscille entre 76 et 68 m. A 1230 m de l’entrée du S2, un nouveau puits amène à la profondeur de 87 m qui donne accès à une galerie sensiblement remontante connue pour l’instant sur 130 m pour une profondeur de 77 m.

La galerie continue à remonter doucement jusqu'à un puits qui ramène les plongeurs à -40. La galerie oscille ensuite entre -51 et -33 jusqu'au terminus de juillet 2011.

 

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